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La réforme des retraites qui ne passe pas

La France se prépare à des grèves nationales du secteur public le 5 décembre contre la volonté du Président Emmanuel Macron de réformer le système de retraite lourd et coûteux du pays.

QUEL EST L’OBJECTIF DE LA RÉFORME DES RETRAITES DE MACRON ?

Emmanuel Macron veut mettre en place un système de retraite à points unique dans lequel chaque jour travaillé rapporte des points pour les prestations de retraite futures d’un travailleur.

Cela marquerait une grande rupture par rapport à la structure existante, avec 42 régimes de retraite sectoriels différents, chacun ayant des niveaux de cotisations et de prestations différents.

À l’heure actuelle, les prestations de retraite sont fondées sur les 25 années les mieux rémunérées d’un travailleur dans le secteur privé et les six derniers mois dans le secteur public.

Le président dit qu’un système de points serait plus équitable et plus simple. La capitalisation des régimes de retraite s’en trouverait également améliorée à mesure que la population vieillit.

Avec 14 % de la production économique, les dépenses françaises en retraites publiques sont parmi les plus élevées au monde. Un comité des pensions indépendant a prévu que le système accuserait un déficit de plus de 17 milliards d’euros, soit 0,7 % du PIB, d’ici 2025 si rien n’est fait.

QU’EN EST-IL DE L’ÂGE DE LA RETRAITE ?

Les sondages montrent que les Français sont très attachés au maintien de l’âge officiel de la retraite à 62 ans, qui est l’un des plus bas des pays de l’OCDE. Les travailleurs publics qui font des travaux pénibles ou dangereux, comme les marins, peuvent partir des années plus tôt.

Emmanuel Macron dit que les Français vont devoir travailler plus longtemps, mais qu’ils ont peur de simplement relever l’âge de la retraite.

L’une des idées consiste à maintenir la limite de 62 ans, mais à limiter les prestations pour ceux qui quittent la population active avant 64 ans et à donner un coup de pouce à ceux qui la quittent après.

Toutefois, le président a indiqué qu’il préférerait se concentrer sur la durée de la carrière d’un travailleur plutôt que sur l’âge auquel il cesse de travailler.

QUEL EST LE PROBLÈME DES SYNDICATS AVEC LA RÉFORME ?

Les syndicats du secteur public craignent que leurs travailleurs n’en sortent moins bien parce que, dans le système actuel, l’État comble le déficit chronique entre les cotisations et les paiements dans ce secteur.

Les syndicats craignent également de ne plus avoir leur mot à dire sur les cotisations et les prestations dans le cadre d’un système centralisé de gestion par points.

Ils sont impatients de montrer qu’ils sont toujours d’actualité après l’assouplissement du code du travail et la réforme de l’opérateur ferroviaire public SNCF, malgré l’opposition de Macron plus tôt dans sa présidence.

Y A-T-IL DE LA PLACE POUR UN COMPROMIS ?

Le Premier ministre Edouard Philippe a indiqué que des concessions pourraient être faites lorsque la réforme entrera en vigueur.

Il s’est dit favorable à un compromis entre « une transition immédiate et brutale » qui rendrait les réformes applicables aux personnes nées après 1963, et une clause de « grand-père » qui n’affecterait que les personnes entrant sur le marché du travail à partir de 2025.

Le plus grand syndicat français, la CFDT réformatrice et modérée, est ouvert à l’idée d’un système à points. Les syndicats de la CGT et de Force Ouvrière, qui, contrairement à la CFDT, sont plus forts dans le secteur public, rejettent catégoriquement la réforme et s’engagent dans une longue et dure lutte.