Accueil International Assassinat de Qasem Soleimani : L’iran riposte !

Assassinat de Qasem Soleimani : L’iran riposte !

Compte tenu de l’importance du général Qasem Soleimani et des passions que son assassinat a suscitées, l’attaque militaire de l’Iran contre les bases américaines en Irak a été une réponse modeste.

L’Iran prétend avoir infligé d’importantes pertes américaines, mais cela ne semble pas être le cas. Les Etats-Unis affirment que leurs radars ont donné l’alerte sur les attaques et que les missiles iraniens semblent avoir atterri dans des zones où les forces américaines n’étaient pas présentes.

La question est maintenant de savoir ce qui se passe ensuite. Est-ce la fin des représailles de l’Iran ? Seul l’avenir nous le dira.

Toute réponse iranienne dramatique – l’assassinat d’un officier américain de haut rang par exemple – prendrait du temps et dépendrait à la fois d’une planification détaillée et de l’opportunité.

L’Iran a dit qu’il répondrait. Il a dit que la réponse viendrait de l’armée iranienne et non d’un allié ou d’un mandataire. Et en utilisant des missiles, tirés de l’intérieur même de l’Iran, Téhéran a fait ce qu’il a dit qu’il ferait.

En effet, la musique d’ambiance initiale de Téhéran et de Washington laisse entrevoir la possibilité d’une désescalade.

Le tweet initial du président Trump était doux et apparemment rassurant quant à l’absence de victimes américaines. Les Iraniens aussi semblent indiquer – malgré toutes les menaces persistantes – que ce pourrait être le moment pour les deux parties de faire une pause et de reprendre leur souffle. Il est clair que ni les Etats-Unis ni l’Iran, malgré toute leur rhétorique, ne veulent un conflit plus large.

Ce pourrait donc être le moment d’essayer de réduire les tensions. Mais ce n’est qu’un dangereux pic dans la compétition entre l’Iran et les États-Unis pour l’influence régionale. Il est difficile de voir la politique iranienne changer. Il va continuer à essayer d’atteindre ses objectifs régionaux, notamment le départ des forces américaines d’Irak. L’assassinat de Soleimani a affaibli la position américaine dans ce pays. Les responsables américains insistent sur le fait qu’ils n’ont ni le désir ni la raison de se retirer.

Le Parlement irakien a demandé le retrait des forces américaines, mais la résolution n’a aucun poids juridique. Les difficultés politiques actuelles de l’Irak signifient que toute décision formelle sur l’avenir de la présence américaine pourrait être éloignée dans un certain temps. Mais de nombreux analystes estiment que la position de Washington en Irak est plus précaire qu’elle ne l’était il y a quelques semaines.

Il est également important de se rappeler que cet épisode de confrontation directe entre Téhéran et Washington a été précédé par une campagne iranienne de longue haleine et de plusieurs années visant à entraver les activités américaines dans la région. En effet, ce sont les attaques à la roquette des mandataires de l’Iran – une milice chiite locale – contre les bases américaines en Irak qui ont constitué le prélude à cette récente crise. Cela soulève alors toute une série de questions.

En tuant le dirigeant de la Force Quds, le général Soleimani, les États-Unis ont-ils maintenant établi une mesure de dissuasion ? Téhéran cherchera-t-il à contraindre ses alliés dans la région à éviter de nouvelles attaques contre les bases ou les intérêts américains ? Sinon, les attaques d’inspiration iranienne reprendront-elles en temps utile ? Que fera alors le président Trump ?

Cette crise est-elle donc terminée ? Ce pourrait être la fin d’un épisode particulièrement dangereux, mais les tensions régionales amères et la rivalité stratégique demeurent. La mort du général Soleimani va jeter une ombre sur les interactions entre les Etats-Unis et l’Iran pour de nombreuses années à venir.